LA VICTOIRE DES OLYMPIENS
Le terrain du C.A.P. à Charentonneau n'avait sans doute jamais vu pareille affluence ; plus de huit mille spectateurs se pressaient sur ses touches et je ne crois pas qu'il eût été possible d'y faire tenir cinquante personnes de plus.
La partie
Le coup d'envoi est sifflé à 14 h. 30 par M. Fourgous. Le jeu s'annonce rapide et décidé. L'Olympique est plus vite en action et s'assure le contrôle de la balle. Une belle série d'attaques des verts est à noter où se signalent Rebut, Olivan et Parachini. Heureusement pour les locaux que Bard se dépense sans compter et se trouve là plusieurs fois pour aider la défense.
Le jeu se stabilise ensuite et nous assistons aux plus belles phases de la partie. Darques attend trop pour shooter et Vanco lui souffle la balle.
Bard, peu après, rate un shot de quelques centi- mètres. L'aile gauche olympienne vient menacer Beaudier qui court au-devant de Darques et réus- sit à sauver en corner qui est shooté par Rebut sans résultat.
La triplette fameuse Pache-Poullain-Bard des- cend à son tour et Bard manque le but de très peu. Après 25 minutes de jeu le score est ouvert grâce à un superbe centre de Dewaquez. Beaudier sort de ses bois pour s'emparer de la balle qu'une tête de Darques jette dans ses filets. Olympique 1. C.A.P. 0.
Le C.A.P. veut égaliser et Cottenet a fort à faire avec Bard, Poullain et Pache qui shootent et le chargent à plusieurs reprises. Deux corners sont donnés contre l'Olympique. Un shot de Bard vient frapper un poteau. Enfin la situation est éclair- cie par Huppert qui dégage et la mi-temps est sifflée. par Huysmans qui dégage. Dewaquez descend et shoote à côté. Rebut descend et centre, Darques shoote en dehors puis Vanco dégage puissamment et les avants rouges repartent à l'assaut. Huysmans est coupable d'une main trop visible. Un coup de franc est sifflé contre son club et c'est l'occasion pour Bard d'un shot superbe à 22 mètres qui laisse Cottenet tout pantois. Les verts reprennent le commandement. Beaudier a la chance d'arrêter une « tête » de Dewaquez et la mi-temps va être sifflée quand sur une brusque échappée capiste. Pache se trouve devant Cottenet à 2 mètres des buts... et shoote en dehors. Mi-temps 0. 1. C.A.P. 1. La reprise fut plus heurtée, les adversaires s'énervèrent et plusieurs coups francs pour brutalité furent sifflés, surtout contre l'Olympique. Ces sanctions sont toutes à l'honneur de M. Fourgous qui évita ainsi des incidents plus sérieux, mais aucun joueur, à vrai dire, n'eut une conduite à blâmer. Après huit minutes de jeu. Landauer décida du match en marquant après une jolie combinaison avec Roucheès et quelques shots moins heureux. Le but fut marqué. Beaudier étant sorti et malgré que Vanco qui avait pris sa place entre les poteaux ait essayé d'arrêter la balle. Un coup franc accordé au C.A.P. quelques minutes après semblait devoir être pour Bard l'occasion d'égaliser, la faute ayant été commise à une vingtaine de mètres des bois, mais Cadum shoota très nettement à côté. Cottenet, ensuite, s'empara de la balle latéralement dans les pieds de Poullain qui suivait Fache. L'Olympique menaçant à nouveau, Beaudier dégage au poing sur un shot de Rebut. Baron fait un croche-pied à Poullain et Bard shoote le coup franc à côté. Peu après il rate de peu un shot. Les Ca- pistes dominent et Poullain, à un moment, se trouve seul devant Cottenet, Huysmans le suit et l'arrête de la main à cinq mètres du goal. Un penalty est accordé au C.A.P. Bard le shoote à ras de terre dans les pieds de Cottenet, une lutte confuse s'engage devant les buts et c'est un corner qui bien shooté, vient menacer le keeper olympien qui réussit à dégager au poing par-dessus plusieurs têtes. Potelune se trouve seul devant les buts, Cot- tenet court à sa rencontre, l'ailier rouge hésite et Olivan replié peut sauver en touche. La fin approche ; l'Olympique produit un dernier effort et Beaudier a encore du travail. Le der- nier coup de sifflet retentit. Les tenants du titre sont éliminés, l'Olympique est vainqueur par 2 buts à 1.
Considérations
L'Olympique a gagné grâce à la cohésion meilleure de son onze. L'impression d'ensemble que laisse cette équipe est vraiment excellente. Sa ligne d'avants surtout peut être considérée comme la meilleure quintuplette de club que nous possédions actuellement. Les demis ont mieux joué que d'usage, ils ont assez bien servi l'attaque et considé- rablement servi la défense. Parachini s'améliore ; Olivan est très courageux et Baron très rapide. Les deux arrières ne firent pas de faute, Huys- mans ayant seulement eu le tort de commettre quelques irrégularités. Cottenet eut de bien jolis moments mais s'affola à une ou deux reprises où la chance, heureusement, le servit. Les vaincus firent mieux que se défendre et s'affirmèrent, surtout dans la deuxième mi-temps comme très capables de gagner le match. Bard fit une partie admirable mais s'énerva sur la fin. Poullain et Pache jouèrent avec une folle ardeur et si leurs ailiers avaient eu quelque qualité plusieurs ouvertures de grand style auraient été mieux utilisées. Mangaud fut le moins mauvais. La ligne de demis, solide et scientifique, travailla utilement mais l'attaque adverse était difficile à marquer. Bigué se fit le plus souvent apprécier. Les deux backs, Vanco et Reymond, doivent se partager des éloges égaux. Beaudier eut de bons arrêts mais décidément sort assez mal à propos de ses bois.